Vertèbre Déplacée

La Vertèbre Déplacée

Il existe par contre une légende : celle de la vertèbre déplacée, dans laquelle il est dit que l’ « Ostéopathie Manipulatrice ou la Chiropractie » replace les vertèbres.

C’est une notion qui a été acceptée par les Patients ainsi que par les Médecins car les personnes préfèrent les choses simples. Mais la réalité est beaucoup plus complexe.

On a besoin d’être rassuré. Si on a mal quelque part, ce n’est pas grave, c’est le hasard, un incident sans conséquence… Même si cela se répète assez souvent on ne peut pas, et on ne veut pas croire que ce soit le fait d’une faiblesse déterminée. Dans ces conditions, pourquoi se poser des questions ? J’ai une vertèbre de travers mais pas de problème, je vais me la faire remettre en place et tout ira pour le mieux, et je serais à nouveau neuf et opérationnel.

Mais oui voilà ! Personne n’a jamais pu, à l’aide d’une radio, nous faire voir une vertèbre déplacée. Et ce, malgré notre technologie à la pointe de l’imagerie, les vertèbres déplacées restent désespérément invisibles. A moins d’un choc tres violent (accident de la route, chute d’une echelle etc…), une vertèbre ne peut pas se deplacer. Le terme de subluxation qui désigne tout simplement un dysfonctionnement articulaire est plus correct.

Jouer à se faire craquer les doigts n’est pas un traitement car le craquement ne soigne pas ! Ce serait beaucoup trop simple.

Ce que l’on prend et que l’on soigne généralement par une manipulation n’est pas un problème d’os contrairement à ce que les gens croient mais c’est habituellement une petite entorse, autrement dit un étirement ligamentaire, que les experts nomment « dérangement vertébral mineur ».

Par voie réflexe cet étirement ligamentaire déclenche une contracture musculaire douloureuse qui correspond au réflexe de défense salutaire des muscles autour de la colonne pour immobiliser celle-ci et l’inhiber dans ses mouvements qui seraient douloureux ou qui amplifieraient la déchirure ligamentaire donc le déséquilibre de la colonne.

Le corps est intelligent et génère donc un moindre mal, la contracture musculaire, afin de protéger la colonne vertébrale et de son contenu, la moelle épinière et les nerfs.

Ce qu’il faut déterminer c’est pourquoi dans cette zone et à ce moment précis ?

Comme chacun le sait, quant on l’a vécue, la contracture musculaire douloureuse se propage sur une grande distance : de fait on a mal tout le long du dos ou du cou et bien au-delà d’une articulation entre deux vertèbres, faisant dire que ce n’est pas un problème localisé.

Il n’existe pas de vertèbre isolée donc ce qu’il est nécessaire de déterminer c’est de comprendre ce qui a provoqué ce dérangement vertébral. La question c’est pourquoi un mouvement fait quotidiennement sans problème, ou un mouvement que les autres font sans incidence, ou un mouvement normal, devient-il source de problème à ce moment précis et ce jour-là ?

Mais surtout pourquoi est-ce dans cette zone précise ? Le corps étant composé de 33 vertèbres, pourquoi cette vertèbre là fait-elle mal et pas celle d’ à coté ? Et pourquoi chez une même personne c’est fréquemment la même vertèbre qui fait mal ?

Le raisonnement qu’il faut se poser c’est :

Quelles sont les chaines musculaires qui sont reliées à cette vertèbre pour qu’elle ne remplisse plus son rôle normal de fonctionnent et pour que naisse cette faiblesse d’adaptation à la vie de tous les jours ou à l’effort ?

On peut comparer les chaines musculaires à un chiffon. Quand on torsade le chiffon, ce n’est pas à l’endroit de la torsion que se localise la cause de la torsion, mais aux deux extrémités. Se focaliser à redresser la torsion ne résout rien, car les deux extrémités restent en tension.

De même qu’une opération pour une sciatique ne peut pas engendrer un rééquilibrage du corps. On supprime le problème local et c’est déjà très important pour enlever la douleur mais les tensions qui ont données naissance à cette hernie discale sont toujours en place.

Quand on enlève un bout d’amortisseur la pression se fait plus importante sur les autres parties. L’intervention astreint les articulations adjacentes à bouger plus, et finalement à souffrir tôt ou tard.

La libération des contractions musculaires ayant engendrée cette Hernie est absolument indispensable en complément de l’intervention chirurgicale. Enlever le bout qui fait mal et qui dépasse sans se préoccuper du reste ne règle que le problème à moitié.

Cette levée des tensions peut se faire directement ou de façon réflexe, à intervalle du trouble car il existe aussi des tensions dans les organes qui peuvent traduire la maladie de l’organe lui meme mais aussi parfois des troubles du fonctionnement de l’organe pouvant arriver de façon réflexe simple par un dysfonctionnement de la vertèbre en ligne droite avec cet organe, ou se présenter par un dysfonctionnement d’une vertèbre plus éloignée (voire d’un autre organe).

Cela légitime les innombrables méthodes de traitements. Le fait d’opposer par conviction ou par idéologie thérapeutique les manipulations avec bruit articulaire (manipulations dites « structurelles ») aux manipulations sans bruit articulaire (manipulations dites « soft » ou « douces ») est un débat inutile. C’est uniquement la pathologie et l’age du patient qui détermine le type de techniques à employer.